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La maison d’enchères Sotheby’s bat son record de ventes en 2021

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Hester Qiang/Unsplash

Ce record a été rendu possible grâce à un nouveau public et au marché asiatique.

Après une année 2020 marquée par la pandémie, la maison d’enchères Sotheby’s a annoncé avoir atteint en 2021 le plus haut chiffre de ventes de son histoire, à 7,3 milliards de dollars, notamment grâce à un nouveau public et aux acheteur·se·s asiatiques.

Ce chiffre de 7,3 milliards de dollars constitue "le plus haut total" de la société en "277 ans d’existence", se félicite la maison londonienne, désormais basée à New York et rachetée en 2019 par le magnat des télécoms franco israélien Patrick Drahi.

Sur ce total, les ventes aux enchères ont totalisé six milliards de dollars (1,3 milliard pour les ventes privées), en hausse de 71 % sur 2020 et même de 26 % par rapport à 2019, l’année précédant la crise sanitaire.

Selon des expert·e·s des maisons d’enchères et du marché de l’art, la pandémie n’a pas éteint l’appétit et les moyens des collectionneur·se·s, mais l’année 2020 avait été caractérisée par une offre plus faible, rattrapée en 2021.

Parmi les enchères emblématiques, Sotheby’s a totalisé 676 millions de dollars en une seule soirée de novembre à New York, avec la collection d’art vendue après le divorce du richissime couple formé par le promoteur immobilier Harry Macklowe et Linda Burg, une administratrice honoraire du Met Museum.

Nouveaux profils

Symbole du nouveau profil des collectionneur·se·s, l’une des pièces les plus chères de la soirée, Le Nez d’Alberto Giacometti, avait été achetée 78,4 millions de dollars par le fondateur de la plateforme de cryptomonnaies Tron, l’entrepreneur sino-américain Justin Sun, 31 ans.

Selon Sotheby’s, en 2021, 46 % des enchères au-dessus de cinq millions de dollars proviennent de collectionneur·se·s asiatiques. Ce sont d’ailleurs des acheteur·se·s de ce continent qui se sont offert la peinture la plus chère de la collection Macklowe, N° 7 de l’expressionniste abstrait américain Mark Rothko (82,4 millions de dollars), ou le Banksy le plus cher du monde, La Petite Fille au ballon, rebaptisée L’Amour est dans la poubelle (Love is in the Bin), une œuvre partiellement autodétruite de l’artiste britannique vendue à Londres pour 18,6 millions de livres sterling, soit 25,4 millions de dollars.

La pandémie, qui avait rendu les ventes physiques impossibles en 2020, a forcé les maisons d’enchères à innover et à s’implanter davantage dans le numérique, ce qui a "considérablement élargi l’accès à un nombre sans précédent de participants au cours des douze derniers mois", relève Sotheby’s, en indiquant que 39 % des acheteur·se·s en 2021 sont de nouveaux profils.

Dans ce contexte, les NFT (jetons non fongibles), ces objets numériques certifiés uniques grâce à la technologie de la blockchain, ont fait une entrée en force dans le marché de l’art en 2021, à l’image du programme informatique à l’origine du Web, vendu 5,4 millions de dollars en juillet. Mais le bilan de leurs ventes chez Sotheby’s reste relativement bas (100 millions en 2021).

Parmi d’autres records établis cette année, Sotheby’s met aussi en avant les sneakers les plus chères jamais vendues, une paire de "Nike Air Yeezy 1" portée par leur inspirateur, le rappeur Kanye West, et qui a atteint 1,8 million de dollars lors d’une vente privée.

Konbini arts avec AFP.

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